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Ryanair booste son réseau en Suède avec cinq nouvelles lignes dont Rabat, mais Stockholm impose sa loi

Emeline Dudoura·

Ryanair frappe fort en Suède avec un programme hivernal 2026-2027 inédit : 43 liaisons, dont cinq nouvelles, et un Boeing 737 supplémentaire basé à Stockholm-Arlanda. Mais derrière l’annonce commerciale se cache un bras de fer avec les autorités suédoises, alors que les redevances aéroportuaires grimpent de 22% depuis la suppression de la taxe aérienne en juillet 2025. La compagnie irlandaise mise sur un trafic de 4,6 millions de passagers annuels dans le pays, tout en conditionnant sa croissance à des coûts d’accès compétitifs.

Le transporteur low cost a dévoilé le 10 septembre une offensive majeure en Suède, avec cinq nouvelles routes internationales depuis ses trois bases principales. Parmi elles, Stockholm-Arlanda – Rabat (Maroc) se distingue comme la desserte la plus originale, tandis que les liaisons vers Varsovie, Wrocław, Budapest et Londres (depuis Malmö) visent des marchés traditionnellement porteurs en Europe centrale. Ces nouvelles lignes s’ajoutent à un réseau hivernal de 43 liaisons, exploitées par huit Boeing 737 basés à Arlanda, Göteborg et Malmö. Ryanair anticipe un trafic annuel de 4,6 millions de voyageurs, soit une hausse de 16%, et chiffre son investissement suédois à 700 millions d’euros.

Cette croissance record est directement liée à l’abrogation, le 1er juillet 2025, de la taxe suédoise sur les voyages aériens. Le Parlement suédois avait supprimé cette contribution, dont le montant variait entre 77 et 517 couronnes suédoises selon la destination. « Depuis la décision judicieuse du gouvernement suédois d’abolir la taxe aérienne en juillet 2025, Ryanair a répondu par une croissance accélérée, ajoutant trois avions basés, 300 millions de dollars d’investissement supplémentaire et 760 000 passagers additionnels dans six aéroports suédois », a déclaré Eddie Wilson, directeur général de Ryanair.

Cependant, cette expansion se heurte à une remontée brutale des redevances aéroportuaires. Ryanair affirme que les tarifs appliqués par Swedavia, gestionnaire des aéroports suédois, ont augmenté de 22% depuis la fin de la taxe aérienne. La compagnie dénonce également une hausse de 67% prévue pour la redevance de sûreté à compter de mars 2027. « Ryanair veut doubler son trafic suédois à 8 millions de passagers par an d’ici à 2030, ajouter cinq avions basés et créer jusqu’à 6 000 emplois d’ici à 2030, mais nous ne pouvons pas réaliser cette croissance sans des coûts d’accès compétitifs », a rappelé Eddie Wilson.

Les cinq nouvelles liaisons suédoises de Ryanair

Le programme hivernal 2026-2027 de Ryanair en Suède inclut cinq routes inédites, conçues pour diversifier l’offre et capter de nouveaux flux de passagers :

Stockholm-Arlanda – Rabat (Maroc) : une première liaison directe entre la Suède et le Maroc, un marché jusqu’ici peu desservi depuis l’Europe du Nord. Cette route devrait séduire aussi bien les voyageurs touristiques que les travailleurs marocains en Suède.

Stockholm-Arlanda – Varsovie (Pologne) : renforcement d’un axe historique entre la Suède et la Pologne, porté par les déplacements professionnels et familiaux.

Stockholm-Arlanda – Wrocław (Pologne) : une deuxième liaison vers la Pologne, ciblant cette fois la ville de Wrocław, pôle économique et universitaire majeur.

Göteborg-Landvetter – Budapest (Hongrie) : ouverture d’un nouveau corridor entre la Suède et la Hongrie, une destination prisée pour son tourisme urbain et son coût de la vie attractif.

Malmö – Londres : confirmation de cette route, initialement annoncée pour l’été 2026, qui relie désormais Malmö à la capitale britannique en hiver.

Ces cinq nouvelles liaisons s’ajoutent à un réseau hivernal de 43 routes, exploitées depuis Stockholm-Arlanda, Göteborg-Landvetter et Malmö. Stockholm-Arlanda concentre désormais l’essentiel de l’offre, avec huit avions basés, contre deux à Göteborg.

Swedavia sous pression : des redevances à double tranchant

Le conflit entre Ryanair et Swedavia, gestionnaire des aéroports suédois, illustre les tensions récurrentes entre compagnies low cost et autorités aéroportuaires. Ryanair met en avant une hausse de 22% des redevances aéroportuaires depuis l’abolition de la taxe aérienne, tandis que Swedavia se défend en invoquant des tarifs conformes aux règles européennes et à la législation suédoise.

Les redevances aéroportuaires, qui couvrent l’utilisation des infrastructures et des services, sont fixées par Swedavia et approuvées par les autorités suédoises. La société précise appliquer des tarifs « conformes aux règles européennes et à la législation suédoise », tout en ouvrant des consultations pour les barèmes 2027. Ryanair, de son côté, dénonce une neutralisation de l’avantage compétitif recherché par Stockholm après la suppression de la taxe.

La redevance de sûreté, administrée par l’Agence suédoise des transports, est un autre point de friction. Cette contribution, prélevée par passager au départ pour les avions de plus de dix tonnes, devrait augmenter de 67% à partir de mars 2027 selon Ryanair. La compagnie exige du gouvernement suédois un gel des redevances aéroportuaires à leur niveau de 2024 et la suppression définitive de cette taxe de sûreté.

Pour Ryanair, l’enjeu est double : maintenir sa compétitivité face aux autres low cost et éviter une réallocation de ses capacités vers des marchés plus favorables. La compagnie rappelle que l’arrivée future de Boeing 737 MAX 10 lui offrira de nouvelles possibilités de croissance, mais sans garantir que la Suède en bénéficiera.

Un pari audacieux pour Stockholm et la Suède

Ryanair fixe un objectif ambitieux pour 2030 : doubler son trafic suédois pour atteindre 8 millions de passagers par an. Ce scénario repose sur l’ajout de cinq avions basés supplémentaires et la création de jusqu’à 6 000 emplois, mais reste conditionnel à une baisse des coûts d’accès. La compagnie souligne que ses investissements en Suède soutiennent directement l’économie locale, avec une activité qui générerait plus de 3 600 emplois selon ses propres estimations.

Pour les voyageurs, cette expansion se traduit par un choix élargi de destinations et une fréquentation accrue des aéroports suédois. Stockholm-Arlanda, en particulier, devient un hub stratégique pour Ryanair en Europe du Nord, avec des liaisons vers le Maroc, la Pologne, la Hongrie et le Royaume-Uni. Ces routes devraient attirer aussi bien les Suédois en quête de soleil que les voyageurs internationaux souhaitant explorer le pays.

Cependant, le succès de cette stratégie dépendra de la capacité des autorités suédoises à trouver un compromis avec Ryanair. Le gel des redevances aéroportuaires et la suppression de la redevance de sûreté semblent indispensables pour que la compagnie maintienne son niveau d’investissement. Sans cela, Ryanair pourrait réallouer ses capacités vers d’autres marchés européens, où les coûts d’accès sont plus stables.

Pour les passagers, la question est simple : des tarifs attractifs et un réseau étendu, ou des coûts plus élevés et une offre réduite ? La réponse pourrait bien se jouer dans les prochains mois, à l’approche de la préparation des programmes été 2027.

Que retenir pour vos prochains voyages ?

Ryanair mise gros sur la Suède avec un réseau hivernal 2026-2027 étendu et cinq nouvelles liaisons. Cette expansion s’inscrit dans une stratégie de long terme, mais se heurte à des tensions sur les coûts. Voici ce qu’il faut retenir pour vos prochains déplacements :

Un choix de destinations élargi : les nouvelles liaisons vers Rabat, Varsovie, Wrocław, Budapest et Londres (depuis Malmö) offrent des alternatives aux voyageurs suédois et internationaux. Rabat, en particulier, pourrait séduire ceux qui cherchent à échapper à l’hiver nordique.

Des tarifs à surveiller : la compétitivité des prix dépendra de l’évolution des redevances aéroportuaires. Ryanair conditionne sa croissance à des coûts d’accès compétitifs, ce qui pourrait se répercuter sur les tarifs proposés aux passagers.

Une attention particulière aux conditions de voyage : comme toujours avec Ryanair, vérifiez les règles de bagages, les frais annexes et les éventuelles restrictions avant de réserver. Les annulations de dernière minute ou les changements de programme restent possibles en cas de désaccord avec les autorités aéroportuaires.

Un impact économique local : l’activité de Ryanair en Suède soutient plus de 3 600 emplois, selon les estimations de la compagnie. Cet impact pourrait s’étendre si le conflit sur les redevances trouve une issue favorable.

Pour les Suédois et les voyageurs internationaux, cette offensive de Ryanair représente une opportunité de découvrir de nouvelles destinations à moindre coût. Mais l’équilibre reste fragile : sans un accord sur les coûts, la compagnie pourrait réduire son offre, limitant ainsi les bénéfices pour les passagers et l’économie locale.

À suivre de près dans les prochains mois, alors que Ryanair et les autorités suédoises négocient le cadre de leur collaboration future.

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