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La Russie affectée par la fermeture des hubs du Golfe, impactant les correspondances

El-Adjim Baddani·

Alors que le conflit au Moyen-Orient entre dans sa troisième semaine, les fermetures d’espaces aériens perturbent non seulement le trafic entre l’Europe et l’Asie, mais aussi la connectivité aériennes de la Russie avec le reste du monde. Déjà limitée par les sanctions occidentales depuis 2022, la possibilité de voyager en avion à l’international se réduit encore davantage. Les hubs du Golfe, essentiels pour les correspondances, sont devenus inaccessibles aux voyageurs russes.

Selon l’Association des tour-opérateurs de Russie (ATOR), le nombre de pays accessibles en vols directs à des fins touristiques a diminué d’un tiers depuis le début des perturbations au Moyen-Orient. Il ne reste plus que 11 destinations principales opérationnelles pour le marché russe : Turquie, Égypte, Thaïlande, Vietnam, Chine, Jordanie, Indonésie, Maroc, Maldives, Sri Lanka et Seychelles.

L’ATOR parle mème d’un « blocus aérien » qui a privé les touristes russes de nombreuses options. Sur les 31 pays encore reliés par des vols directs à la Russie en mars 2026, seuls une poignée conviennent réellement au tourisme de masse. Les prix des billets vers l’Asie et l’Afrique ont déjà augmenté de 10 à 20 % en raison de la suspension des vols des compagnies aériennes du Golfe (flydubai, Air Arabia, Emirates, Qatar Airways).

Les hubs du Golfe, plateformes vitales pour les correspondances

Les pays du Golfe (Émirats arabes unis, Qatar, Oman) servaient de pont essentiel pour rejoindre les destinations sans liaison directe depuis la Russie, notamment en Europe. Avec la fermeture partielle ou totale des espaces aériens au-dessus de l’Iran, de l’Irak, des Émirats arabes unis et du Qatar, ces correspondances sont devenues impossibles ou très compliquées.

Dès le 1er mars, pas moins de 62 vols entre la Russie et le Moyen-Orient ont été annulés (38 par des compagnies aériennes russes et 31 par des transporteurs étrangers). Plus de 75 % concernaient les Émirats arabes unis. Des milliers de passagers en transit, y compris des Russes bloqués dans des pays tiers (Maldives, Sri Lanka, Tanzanie, Thaïlande), peinent à rentrer. L’ATOR estime que 5 000 touristes russes attendent encore des solutions de rapatriement.

Cuba, déjà perdue à cause d’une pénurie de carburant

La situation s’ajoute à une perte récente et douloureuse : Cuba. En février 2026, Rossiya (filiale d’Aeroflot) et Nordwind ont suspendu toutes deux leurs vols vers la grande île des Caraïbes en raison d’une grave pénurie de kérosène sur place. Elles ont du affréter des appareils vides pour rapatrier les touristes russes, avant d’annuler complètement leur programme. Le ministère de l’Économie russe a mème déconseillé tout voyage vers Cuba jusqu’à nouvel ordre.

Cette suspension, liée à la crise énergétique cubaine et aux sanctions américaines, prive déjà les Russes d’une destination populaire et bon marché.

Des pertes financières et un avenir incertain pour le tourisme russe

Les tour-opérateurs russes ont déjà perdu l’équivalent de 37 millions de dollars (3 milliards de roubles) dans les dix premiers jours du conflit au Moyen-Orient. Les annulations en cascade et les rapatriements d’urgence pèsent lourdement sur un secteur qui comptait sur les destinations du Golfe et les correspondances pour maintenir un minimum d’ouverture sur le monde.

L’ATOR prévient que le tourisme sortant russe pourrait reculer de 1 à 8 % sur l’ensemble de l’année 2026 si la situation perdure. Les voyageurs sont invités à vérifier régulièrement leurs réservations et à privilégier les rares liaisons encore stables (via Istanbul, la Chine ou l’Ouzbékistan), mème si ces alternatives rallongent les trajets et font grimper les prix des billets d’avion.

Au quinzième jour du conflit, les Russes, comme de nombreux autres voyageurs internationaux, découvrent à quel point leur mobilité dépendait des hubs du Golfe. Une dépendance qui, aujourd’hui, se transforme en véritable piège aérien pour les voyages au départ de la Russie, déjà fortement réduits par les sanctions occidentales depuis la guerre en Ukraine.

@Domodedovo International Airport

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