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Boeing 737 MAX 10 : Alaska Airlines parie sur l’avenir avec la certification imminente de la FAA

El-Adjim Baddani·

La course contre la montre est lancée. Alaska Airlines mise gros sur le Boeing 737 MAX 10, un appareil dont la certification par la FAA pourrait intervenir dans les prochains jours. Une délivrance qui permettrait au transporteur américain de devenir le premier opérateur mondial de cette version la plus longue de la famille MAX, offrant ainsi à ses passagers une capacité inédite pour ses liaisons les plus demandées.

Si le calendrier annoncé tient ses promesses, Alaska Airlines recevra son premier 737 MAX 10 au printemps 2027. Le groupe basé à Seattle a déjà passé commande de 105 appareils de ce type, assortis de droits d’achat pour 35 autres unités, dans le cadre d’un contrat historique de 32 milliards de dollars signé en janvier 2026. Un investissement colossal qui reflète l’ambition du transporteur de moderniser sa flotte tout en répondant à une demande croissante sur ses destinations phares.

L’enjeu dépasse le simple renouvellement technique. Le 737 MAX 10, avec sa capacité maximale de 230 passagers selon les configurations, doit permettre à Alaska Airlines de renforcer ses liaisons intérieures et transfrontalières, notamment vers le Canada et le Mexique. Une réponse directe à la saturation progressive des aéroports majeurs comme Los Angeles, où les créneaux deviennent de plus en plus rares et coûteux. Le transporteur mise sur la polyvalence de l’appareil pour optimiser ses rotations, tout en réduisant ses coûts opérationnels grâce à une maintenance simplifiée et des économies de carburant estimées à 14% par rapport aux modèles précédents.

Pour Boeing, la certification du MAX 10 marque une étape cruciale. Lancé commercialement en 2017, le programme MAX a été marqué par des retards successifs, notamment après les crises des moteurs et les renforcements des exigences réglementaires. Le MAX 10, avec son fuselage allongé de près de 1,7 mètre par rapport au MAX 9, représente la pièce maîtresse de la gamme monocouloir de l’avionneur. Sans cette approbation, Boeing ne peut honorer les commandes en attente et risque de perdre des parts de marché face à Airbus et ses A321neo.

Alaska Airlines, qui exploite déjà des MAX 8 et MAX 9, mise sur la continuité opérationnelle. L’intégration du MAX 10 dans sa flotte existante permettra de mutualiser les coûts de formation des équipages et de maintenance, un atout majeur pour un transporteur dont le réseau s’étend sur plus de 115 destinations en Amérique du Nord. Le groupe a d’ailleurs conservé une marge de manœuvre dans sa commande : la possibilité de basculer vers une autre variante du 737 si les conditions du marché l’exigent.

Un pari sur l’innovation et la régulation

Le feu vert de la FAA, attendu avant la fin septembre 2026, s’inscrit dans un contexte où la pression réglementaire sur Boeing n’a jamais été aussi forte. Après les crises du 737 MAX 8 et les enquêtes sur la sécurité des appareils, l’administration américaine a renforcé ses exigences, notamment sur les systèmes de contrôle et la documentation technique. Kelly Ortberg, PDG de Boeing, a pourtant adopté un ton rassurant lors de la présentation des résultats du troisième trimestre, évoquant une certification « très bientôt » après la finalisation des essais en vol.

Pour Alaska Airlines, l’attente en vaut la peine. Le transporteur prévoit une entrée en service du MAX 10 entre avril et mi-mai 2027, une fois les dernières validations techniques réalisées. Une fenêtre serrée, mais réaliste selon Jason Berry, directeur des opérations : « Le calendrier est sportif, mais nous avons tout mis en œuvre pour être prêts ». La compagnie devra notamment finaliser l’installation des systèmes d’affichage tête haute pour ses pilotes, une étape indispensable avant la mise en ligne commerciale.

Les retombées économiques sont déjà anticipées. Avec le MAX 10, Alaska Airlines table sur une réduction de ses coûts par siège de 5 à 8%, un argument de poids dans un secteur où la pression sur les marges reste constante. Le transporteur, qui a transporté plus de 45 millions de passagers en 2025, prévoit de porter sa flotte de 340 à plus de 400 appareils d’ici 2035, avec une part croissante de MAX dans sa stratégie.

Une stratégie alignée sur la croissance du trafic aérien nord-américain

Le marché nord-américain, en pleine expansion, offre un terreau fertile pour le MAX 10. Selon les prévisions de l’IATA, le trafic passagers aux États-Unis et au Canada devrait croître de 4,5% par an jusqu’en 2030. Une dynamique que Alaska Airlines entend capter en densifiant ses liaisons existantes et en ouvrant de nouvelles routes vers des destinations secondaires.

Le transporteur mise notamment sur le corridor Seattle-Anchorage, une ligne historique qui pourrait bénéficier de la capacité accrue du MAX 10. Autre axe stratégique : les liaisons vers Fairbanks et Juneau, où la demande est soutenue par le tourisme et les besoins logistiques liés à l’exploitation pétrolière en Alaska. Le MAX 10 permettra aussi de renforcer les vols vers Los Angeles, San Francisco et Las Vegas, trois hubs majeurs où la concurrence avec Southwest et Delta est intense.

Sur le plan environnemental, Alaska Airlines affiche des objectifs ambitieux : réduire ses émissions de CO₂ de 50% d’ici 2050 par rapport à 2005. Le MAX 10, avec sa consommation de carburant réduite de 14% par rapport aux 737 NG, s’inscrit dans cette feuille de route. La compagnie a également signé des accords pour l’achat de carburants d’aviation durables (SAF), une piste pour compenser partiellement l’empreinte carbone de ses vols.

Et demain ? Le MAX 10, un game-changer pour l’industrie ?

Si la certification du MAX 10 intervient comme prévu, Boeing pourrait enfin tourner la page des controverses qui ont marqué le programme MAX. L’appareil, avec sa capacité accrue et son rayon d’action optimisé, pourrait devenir un best-seller sur le segment des monocouloirs long-courriers, un créneau jusqu’ici dominé par l’Airbus A321XLR. Les analystes estiment que le MAX 10 pourrait capter 20 à 30% du marché des monocouloirs de plus de 200 sièges d’ici 2030, un chiffre qui donnerait un avantage décisif à Boeing face à son rival européen.

Pour Alaska Airlines, l’enjeu est double : prouver que le MAX 10 peut être exploité en toute sécurité, et démontrer que l’appareil représente un investissement rentable. Le transporteur, qui a déjà réduit son endettement de 20% depuis 2020, mise sur la croissance organique pour financer sa transition vers une flotte plus moderne et plus durable. Avec le MAX 10, Alaska Airlines ne se contente pas d’acheter un avion : elle façonne l’avenir de ses liaisons aériennes.

La FAA aura le dernier mot dans les prochains jours. Si elle donne son aval, le ciel nord-américain pourrait voir décoller, dès l’année prochaine, une nouvelle génération d’avions monocouloirs, plus performants, plus écologiques et mieux adaptés aux défis du transport aérien de demain.

Ce qu’il faut retenir sur le Boeing 737 MAX 10

Le Boeing 737 MAX 10 est la version la plus longue de la famille MAX, avec un fuselage allongé de près de 1,7 mètre par rapport au MAX 9. Il peut accueillir jusqu’à 230 passagers selon la configuration et offre un rayon d’action maximal de 3 300 milles nautiques (6 100 km). Comparé aux modèles précédents, il promet une réduction de 14% de la consommation de carburant et des émissions de CO₂, ainsi qu’une maintenance simplifiée grâce à sa compatibilité avec la flotte existante de 737 MAX. Boeing a déjà reçu des commandes fermes pour plus de 300 appareils, dont 105 pour Alaska Airlines.

La certification par la FAA, attendue d’ici la fin septembre 2026, est un passage obligé pour que Boeing puisse livrer les avions commandés. Alaska Airlines prévoit une entrée en service entre avril et mai 2027, une fois les dernières validations techniques réalisées.

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