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Etihad sur le point de commander 10 Boeing 787 au salon de Farnborough : une décision stratégique à suivre de près

Emeline Dudoura·

Le salon aéronautique de Farnborough, qui s’ouvre dans quelques jours, s’annonce comme un tournant pour les commandes de long-courriers. Etihad Airways pourrait y officialiser une commande de l’ordre de dix Boeing 787 Dreamliner, une annonce qui confirmerait sa volonté de renforcer sa flotte et son réseau intercontinental. Une décision qui mérite l’attention des voyageurs et des professionnels du secteur, dans un contexte où la demande pour des appareils performants et économes en carburant n’a jamais été aussi forte.

Selon plusieurs sources industrielles citées par Reuters, Etihad Airways serait en effet sur le point de finaliser un accord portant sur dix Boeing 787, avec une officialisation possible dès ce mois de juillet lors du salon britannique. Bien que ni Etihad ni Boeing n’aient encore confirmé ces informations, la rumeur en fait l’un des événements majeurs à surveiller lors de cette édition 2026. Une commande de cette ampleur s’inscrirait dans une stratégie de montée en puissance graduelle, loin des méga-commandes spectaculaires mais bien ciblée sur les besoins réels de la compagnie.

Cette possible commande intervient dans un contexte où Etihad Airways affiche une croissance soutenue. Fin 2025, la compagnie exploitait déjà 37 Boeing 787-9 et 10 787-10, aux côtés de neuf 777-300ER et d’une flotte Airbus long-courrier composée entre autres d’A350-1000 et d’A380 remis en service. Le 787 Dreamliner reste donc la colonne vertébrale de son long-courrier, offrant à Etihad un outil de flexibilité sur les marchés Europe, Asie et Amérique du Nord. La compagnie a d’ailleurs annoncé l’ouverture de nouvelles routes comme Luxembourg et Calgary, cette dernière devant être desservie en 787-9 à partir de novembre 2026. Une homogénéité de la flotte qui permet de mutualiser formation, maintenance et coûts d’exploitation, tout en bénéficiant des gains en consommation de carburant.

Une stratégie de croissance mesurée mais ambitieuse

Le directeur général d’Etihad, Antonoaldo Neves, avait déjà laissé entendre en juin que la compagnie envisageait de commander « un nombre de gros-porteurs s’élevant à deux chiffres », sans préciser ni le type exact ni le constructeur visé. Cette indication laissait présager un renforcement ciblé de la flotte long-courrier, dans la continuité du plan de croissance piloté depuis Abu Dhabi. Avec une flotte opérationnelle portée à 127 avions en début d’année 2026, contre 101 un an plus tôt, Etihad vise une flotte de l’ordre de 200 à 220 appareils à l’horizon 2030, avec une vingtaine de livraisons par an, afin de transporter jusqu’à près de 40 millions de passagers annuels.

L’éventuelle commande de dix 787 supplémentaires s’inscrirait dans cette trajectoire, offrant à la compagnie un outil supplémentaire pour ajuster sa capacité sur les marchés les plus porteurs. Le Boeing 787 est en effet un appareil clé pour les compagnies du Golfe, grâce à son autonomie, sa consommation réduite et sa polyvalence sur les routes moyennes et longues distances. Pour Etihad, maintenir une base de 787 homogène permet de mutualiser les coûts et de bénéficier des économies d’échelle, tout en répondant à la demande croissante des passagers pour des voyages plus directs et moins énergivores.

Les créneaux de livraison pour les gros-porteurs étant très disputés, Etihad discute également avec Boeing de la possibilité d’obtenir des créneaux avancés, certains appareils pouvant provenir de positions de livraison initialement détenues par d’autres compagnies comme Air India. Une négociation qui illustre la compétition accrue pour l’accès aux chaînes d’assemblage long-courrier, dans un contexte où les carnets de commandes des deux constructeurs sont déjà très fournis. Un défi de taille pour les compagnies du Golfe, qui cherchent à sécuriser leurs positions avant la fin de la décennie.

Farnborough 2026 : un salon stratégique pour les commandes mondiales

Le choix d’une annonce éventuelle au salon de Farnborough, qui se tiendra du 20 au 24 juillet 2026, n’a rien d’anodin. Ce salon britannique, qui alterne avec le Bourget, est l’un des principaux théâtres d’annonces de commandes pour Boeing et Airbus. Dans un contexte où les carnets de commandes des deux constructeurs sont déjà très fournis et où les slots de production de gros-porteurs se raréfient, chaque commande majeure au salon envoie un signal fort aux marchés sur la capacité d’un transporteur à sécuriser ses livraisons pour la fin des années 2020 et le début des années 2030.

Pour Etihad, une telle commande permettrait de renforcer sa position sur le segment du long-courrier, où la concurrence est féroce. La compagnie a d’ailleurs multiplié les ouvertures de routes ces derniers mois, comme Luxembourg et Calgary, et continue d’affiner son réseau pour capter la demande des voyageurs d’affaires et de loisirs. Une stratégie qui s’appuie sur des appareils modernes et économes en carburant, essentiels pour maintenir la compétitivité face à des acteurs comme Emirates, Qatar Airways ou Turkish Airlines.

La possible commande de dix 787 s’inscrit également dans une logique de renouvellement progressif de la flotte, avec des appareils plus récents et moins polluants. Un enjeu crucial pour les compagnies aériennes, qui doivent concilier croissance, rentabilité et contraintes environnementales. Le 787 Dreamliner, avec sa structure en composite et ses moteurs GEnx de nouvelle génération, affiche en effet une consommation réduite de 20% par rapport aux appareils de la génération précédente, tout en offrant un confort accru pour les passagers.

Ce que cela signifie pour les voyageurs

Pour les passagers, une commande de ce type chez Etihad pourrait se traduire par une amélioration de l’offre sur certaines routes, avec des appareils plus récents et des services à bord modernisés. Le 787 Dreamliner est en effet réputé pour son confort, notamment grâce à une pressurisation plus élevée, une humidité relative optimisée et des hublots plus larges. Des atouts qui font la différence sur les vols long-courriers, où le bien-être des passagers est un critère de choix de plus en plus déterminant.

Par ailleurs, une flotte modernisée permet à Etihad de proposer des tarifs plus compétitifs et des fréquences accrues sur les destinations les plus demandées. La compagnie a d’ailleurs confirmé que les nouveaux 787-9 livrés à partir de novembre 2026 seront dédiés à la route Calgary, une destination en plein essor pour les voyageurs français et européens. Une opportunité à saisir pour ceux qui souhaitent explorer l’Amérique du Nord sans escale, avec un service à bord optimisé.

Enfin, une commande de cette ampleur pourrait aussi influencer le marché du fret aérien, Etihad SkyCargo étant un acteur majeur dans ce domaine. Le 787 Dreamliner, grâce à sa soute spacieuse et sa capacité à transporter des marchandises sensibles, est un appareil particulièrement adapté aux besoins de la logistique moderne. Une synergie entre passagers et fret qui pourrait bénéficier aux voyageurs, via une amélioration des services et des tarifs.

Un pari sur l’avenir, dans un contexte économique tendu

Cette possible commande intervient dans un contexte économique marqué par une forte volatilité des prix du carburant et une concurrence accrue sur le marché du long-courrier. Les compagnies aériennes doivent en effet composer avec des coûts opérationnels élevés, tout en répondant à une demande qui reste soutenue, notamment sur les routes entre l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord. Une commande de 787 permet à Etihad de sécuriser des créneaux de livraison et de bénéficier de tarifs avantageux, tout en modernisant sa flotte.

Le salon de Farnborough sera donc le théâtre d’une bataille silencieuse mais stratégique entre les constructeurs et les compagnies. Boeing, en pleine course contre Airbus pour les commandes de Dreamliner et de A350, a tout intérêt à voir Etihad officialiser cette commande. Un succès qui pourrait donner un élan supplémentaire à ses ventes, dans un contexte où la demande pour des appareils long-courriers reste dynamique, malgré les incertitudes économiques.

Pour les voyageurs, cette annonce pourrait aussi être le signe d’une concurrence accrue sur certaines routes, avec des compagnies comme Etihad cherchant à capter une part plus importante du marché. Une bonne nouvelle, qui pourrait se traduire par des tarifs plus compétitifs et des services améliorés, dans un secteur où chaque détail compte pour se différencier.

Reste à savoir si Etihad parviendra à officialiser cette commande lors du salon. Une chose est sûre : dans un environnement aussi concurrentiel, chaque décision stratégique compte, et celle-ci pourrait bien redessiner le paysage du long-courrier pour les années à venir.

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