Le Vietnam accélère son tourisme et séduit davantage les voyageurs français

Le Vietnam change d’échelle dans le tourisme international. En l’espace de quelques années, le pays a vu son trafic de visiteurs étrangers progresser à un rythme soutenu, porté par une offre devenue plus lisible, des visas simplifiés et des coûts de séjour encore très compétitifs. Pour les voyageurs français, l’intérêt est double : un dépaysement net, avec des contrastes marqués entre grandes villes, littoral et régions rurales, et un budget sur place qui reste souvent bien inférieur à celui d’autres destinations asiatiques.
Cette dynamique ne repose pas seulement sur l’effet de mode. Le Vietnam a accueilli environ 21,5 millions de visiteurs internationaux en 2025, contre près de 10 millions en 2016. En janvier 2026, le pays a même franchi un niveau mensuel record avec près de 2,5 millions d’entrées internationales. Le gouvernement vise désormais 25 millions de visiteurs étrangers sur l’année 2026, un objectif ambitieux mais cohérent avec l’évolution récente du marché.
Les Français participent à ce mouvement. En 2025, environ 350 000 touristes français ont visité le Vietnam, un niveau supérieur à celui observé avant la crise sanitaire. Cette progression confirme l’ancrage du pays parmi les destinations asiatiques qui comptent dans les choix de long-courrier au départ de la France, en particulier pour les séjours combinant culture, mobilité douce, gastronomie et prix contenus.
Un tourisme devenu un pilier économique
Le tourisme occupe désormais une place centrale dans l’économie vietnamienne. Les recettes liées au secteur ont approché 38 milliards de dollars en 2025, un niveau qui reflète à la fois la hausse des arrivées et la montée en gamme progressive de l’offre. Hôtels, transport, restauration, loisirs et tourisme rural alimentent une chaîne de valeur qui emploie de très nombreux travailleurs, directement ou indirectement.
Cette montée en puissance s’appuie aussi sur un environnement politique stable. Le Vietnam reste dirigé par le Parti communiste vietnamien, dans un cadre institutionnel qui favorise une certaine continuité économique. Pour les investisseurs comme pour les opérateurs touristiques, cette stabilité a facilité le développement d’infrastructures et la structuration d’une offre plus diversifiée.
Dans le même temps, les autorités ont multiplié les leviers d’attractivité. L’assouplissement des visas, la généralisation de procédures en ligne et l’ouverture à des séjours sans visa pour plusieurs nationalités européennes ont simplifié la préparation des voyages. Pour un marché comme la France, où la préparation administrative peut encore freiner certains départs, cet allègement compte réellement dans la décision finale.
Un pays accessible, mais qui demande un minimum d’anticipation
Le Vietnam attire d’abord par son rapport qualité-prix. Sur place, il est possible de manger pour quelques euros, de dormir en auberge pour moins de 10 euros la nuit et de construire un itinéraire complet sans faire exploser le budget total. C’est un argument fort pour les jeunes voyageurs, mais aussi pour les familles ou les couples qui cherchent une destination lointaine sans multiplier les dépenses annexes.
Pour autant, le pays n’est pas une destination “simple” au sens logistique. La circulation urbaine dense, la barrière linguistique et des différences marquées d’un territoire à l’autre exigent un minimum de préparation. Les premières heures à Hanoï ou à Hô Chi Minh-Ville peuvent surprendre, notamment à cause du trafic et des usages locaux. Un voyage bien construit, avec un itinéraire réaliste et des hébergements vérifiés, évite bien des déconvenues.
Dans ce contexte, les formules encadrées trouvent leur public. Les voyages organisés au Vietnam rassurent ceux qui veulent aller à l’essentiel sans gérer chaque étape. D’autres voyageurs préfèrent les circuits sur mesure, plus souples et souvent mieux adaptés à un séjour combinant villes, campagnes et littoral. Le marché français s’est d’ailleurs structuré autour de cette demande hybride, entre sécurité logistique et liberté de rythme.
Des paysages variés et un héritage colonial encore visible
Le principal atout du pays reste sa diversité. En quelques jours de trajet, on passe des rizières en terrasses du nord aux reliefs karstiques de la baie d’Ha Long, des rues anciennes de Hanoï aux plages de Phu Quoc. Cette variété permet de bâtir des séjours très différents selon les profils, du circuit culturel au voyage balnéaire en passant par le trek ou le road trip.
L’héritage de l’ancienne Indochine française reste visible dans plusieurs villes, notamment à Hanoï, Hô Chi Minh-Ville ou Dalat. Bâtiments administratifs, villas coloniales, opéras et hôtels historiques rappellent cette période, sans faire du pays un décor figé. Pour les visiteurs francophones, cette mémoire urbaine ajoute une lecture supplémentaire au voyage, plus concrète que symbolique.
Cette dimension patrimoniale s’ajoute à un tissu urbain très vivant. Les grandes villes vietnamiennes ne se résument pas à leur passé : elles concentrent aujourd’hui commerce, services, gastronomie, transports et vie étudiante. Le contraste entre les quartiers historiques et les zones plus récentes fait partie de l’expérience, avec une évolution visible d’une année à l’autre.
Hanoï, Hô Chi Minh-Ville et les grands points d’entrée du pays
Les principales portes d’entrée du Vietnam restent Hanoï et Hô Chi Minh-Ville. Ces deux métropoles concentrent la majorité des arrivées internationales et servent de base à la plupart des circuits. Da Nang, Hué, Nha Trang et la baie d’Ha Long complètent ce maillage, avec des profils très différents selon les attentes des voyageurs.
Les autorités cherchent aussi à mieux répartir les flux sur le territoire. Le tourisme communautaire, dans les campagnes et les zones de montagne, progresse progressivement. L’objectif est clair : éviter la concentration excessive sur quelques sites très fréquentés et faire bénéficier davantage de régions des retombées du tourisme.
De grands groupes privés ont accompagné cette évolution. Des acteurs comme Saigon Tourist, Vinpearl ou Sun Group ont investi dans des hôtels, des resorts, des parcs de loisirs et des ensembles touristiques intégrés. Cette montée en gamme de l’offre permet au pays de répondre à une demande plus large, du voyage économique au séjour plus confortable.
Un pays perçu comme rassurant pour les voyageurs solos
La question de la sécurité compte dans le choix d’une destination lointaine. Sur ce point, le Vietnam bénéficie d’une image favorable, notamment auprès des voyageuses en solo. Le pays est souvent présenté comme peu exposé à la criminalité violente envers les touristes, ce qui renforce son attractivité sur le marché individuel.
Cette perception favorable ne dispense pas d’une vigilance de base, mais elle joue clairement en faveur du Vietnam face à d’autres destinations d’Asie du Sud-Est. Pour des voyageurs qui souhaitent circuler seuls, prendre les transports locaux ou construire un itinéraire souple, ce climat de sécurité relative est un vrai facteur de décision.
À cela s’ajoute un accueil généralement jugé chaleureux, même si la communication peut être plus compliquée hors des grands pôles touristiques. Là encore, le bon niveau de préparation fait la différence, surtout pour ceux qui veulent sortir des parcours les plus classiques.
Un marché français qui continue de progresser
Pour les voyageurs français, le Vietnam coche plusieurs cases à la fois : accessibilité administrative, coût de la vie modéré, diversité des paysages et offre touristique plus mature. Les agences spécialisées sur l’Asie ont bien compris cette demande et proposent des séjours organisés, des circuits sur mesure ou des extensions vers le Cambodge et le Laos.
Cette logique de voyage combiné répond à une attente concrète. Beaucoup de clients cherchent un premier séjour au Vietnam, puis un prolongement dans un pays voisin de l’ancienne Indochine. D’autres privilégient une approche plus ciblée, avec seulement deux ou trois étapes, pour éviter les déplacements trop lourds dans un pays vaste et contrasté.
Le Vietnam a ainsi gagné une place durable dans les discussions de voyage long-courrier. Entre montée en puissance touristique, meilleure accessibilité et offre de plus en plus structurée, le pays dispose désormais d’arguments solides face aux autres destinations asiatiques qui rivalisent pour attirer les voyageurs français.
Les prochains mois diront si l’objectif des 25 millions de visiteurs internationaux en 2026 sera atteint. Mais la tendance est déjà installée, avec un pays qui capte plus facilement l’attention des agences, des voyageurs indépendants et des amateurs de circuits culturels à budget maîtrisé.
Soyez le premier à commenter cet article



