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TUI menace de quitter la Belgique : la taxe passager qui change la donne pour vos prochains vols

El-Adjim Baddani·

La Belgique s’apprête à augmenter sa taxe passager de 5 à 7 euros dès le 1er janvier 2027. Une hausse de 40 % en valeur absolue, mais qui pourrait avoir des répercussions bien plus lourdes que prévu sur vos prochains voyages. Car le voyagiste TUI, qui exploite sa filiale TUI fly Belgium, menace désormais de réduire sa flotte basée en Belgique, voire de quitter certains aéroports du pays. Une décision qui, si elle était appliquée, bouleverserait l’offre de vols vers des destinations prisées comme l’Espagne, la Grèce ou la Turquie. Mais au-delà de TUI, c’est toute l’industrie du voyage qui pourrait être impactée par cette mesure fiscale, alors que les compagnies aériennes peinent déjà à absorber la hausse des coûts du kérosène et la dégradation des résultats financiers.

Ce n’est pas la première fois que la Belgique se retrouve au cœur d’un débat sur sa fiscalité aérienne. Déjà en 2024, Ryanair avait menacé de réduire sa présence dans le pays après une précédente augmentation de la taxe passager. Aujourd’hui, c’est au tour de TUI de brandir la menace. Selon son directeur général, Sebastian Ebel, les autorités belges doivent se demander si elles veulent préserver des vacances accessibles aux ménages aux revenus modestes. Car derrière cette taxe se jouent des arbitrages économiques lourds : pour une rotation opérée avec un Boeing 737 de 170 sièges, le surcoût représente près de 340 euros par vol. À l’échelle d’une année et de millions de passagers, cela peut atteindre plusieurs millions d’euros pour une seule compagnie.

La Belgique n’est pas un cas isolé. Plusieurs pays européens ont déjà instauré des taxes passager bien plus élevées : les Pays-Bas appliquent 30,25 euros par passager, et l’Allemagne 13,03 euros sur la plupart des liaisons européennes et méditerranéennes. Mais en Belgique, la hausse prévue de 2 euros seulement pourrait suffire à faire basculer l’équilibre économique de certaines routes. Le problème ? Cette taxe s’applique à tous les passagers au départ de Belgique, quelle que soit la base de départ de l’avion. Autrement dit, même si TUI déplace un appareil vers l’Allemagne ou les Pays-Bas pour éviter la taxe, le surcoût reste inévitable si la compagnie maintient ses vols au départ de Belgique.

Cette situation illustre un dilemme plus large pour l’industrie du voyage : comment concilier des recettes fiscales supplémentaires avec la nécessité de maintenir des vols abordables et une offre de destinations attractive. Car les compagnies aériennes ne sont pas les seules à être touchées. Les voyagistes, qui vendent des packages incluant vols et hébergements, voient leurs marges se réduire encore davantage. Et c’est finalement le consommateur qui risque de payer l’addition, que ce soit par des hausses de prix ou une réduction de l’offre.

Une décision qui s’inscrit dans un contexte de crise pour TUI

La menace de TUI ne tombe pas par hasard. Le groupe traverse une période particulièrement difficile, marquée par une dégradation de ses résultats financiers. Au troisième trimestre 2026, TUI a enregistré un bénéfice d’exploitation de 234,6 millions d’euros, en baisse de près de 27 % par rapport à l’année précédente. Dans sa division « Markets + Airline », qui regroupe les compagnies aériennes, les tour-opérateurs et les activités commerciales, la perte d’exploitation sous-jacente atteint même 17,4 millions d’euros, contre un bénéfice de 49,7 millions un an plus tôt. Ces chiffres s’expliquent en partie par la baisse des réservations et par le maintien de prix élevés du kérosène, dans un contexte géopolitique marqué par le conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Face à cette situation, TUI a déjà réduit ses prévisions de bénéfice annuel et suspendu ses projections de chiffre d’affaires. La compagnie a également diminué ses capacités aériennes pour ses propres opérations de voyages organisés. Les réservations se font plus tardives, la demande s’affaiblit sur certains marchés, et la concurrence reste féroce sur les prix des séjours. Dans ce contexte, la hausse de la taxe passager belge pourrait être le coup de grâce pour certaines routes. Car les coûts supplémentaires ne peuvent plus être absorbés par les marges, déjà mises à rude épreuve.

TUI n’a pas encore précisé combien d’appareils pourraient être concernés ni quels aéroports belges seraient touchés. Mais l’entreprise pourrait s’inspirer de la stratégie déjà adoptée par Ryanair : transférer de la capacité vers des marchés jugés plus compétitifs en jouant sur la concurrence entre aéroports et fiscalités nationales. Une approche qui, si elle se généralise, pourrait entraîner une redistribution des cartes en Europe, au détriment des pays où la fiscalité aérienne est la plus élevée.

La Belgique, un hub en mutation

La Belgique n’est pas seulement un pays où la fiscalité aérienne est en débat. C’est aussi un hub aérien stratégique pour plusieurs compagnies, notamment grâce à ses aéroports comme Bruxelles et Ostende. Pourtant, TUI fly Belgium a déjà commencé à réduire sa présence sur le territoire. Depuis janvier 2026, la compagnie a cessé ses opérations à Liège. Et à partir du 25 mars 2027, elle quittera également Anvers pour se concentrer sur Bruxelles et Ostende. Une réorganisation qui vise à améliorer la rentabilité, mais qui pourrait être accélérée par la hausse de la taxe passager.

Cette décision s’inscrit dans une logique plus large de rationalisation des coûts. TUI fly Belgium n’est pas la seule compagnie à faire face à des pressions économiques. Les coûts de personnel, les redevances aéroportuaires, les frais de navigation aérienne et la productivité des appareils jouent également un rôle clé dans l’arbitrage des compagnies. Mais la taxe passager ajoute une couche de complexité supplémentaire. Car elle ne dépend pas seulement des choix internes d’une compagnie : elle est imposée par les autorités publiques, qui doivent trouver un équilibre entre recettes fiscales et attractivité économique.

Pour les voyageurs belges, les conséquences pourraient être multiples. Si TUI réduit sa flotte basée en Belgique, cela pourrait entraîner une baisse de la fréquence des vols vers certaines destinations, ou même la suppression de certaines lignes. Les prix pourraient également augmenter, ne serait-ce que pour compenser le surcoût de la taxe. Enfin, les correspondances pourraient devenir plus compliquées, obligeant les passagers à passer par d’autres aéroports européens pour rejoindre leur destination finale.

Une taxe inévitable ? Le débat sur la fiscalité aérienne

La question de la taxe passager divise. Ses partisans estiment qu’elle permet de financer des infrastructures aéroportuaires de qualité et de compenser l’impact environnemental du transport aérien. Ses détracteurs, eux, pointent du doigt son effet contre-productif : en alourdissant les coûts pour les compagnies, elle pourrait réduire l’offre de vols et augmenter les prix, ce qui pénaliserait in fine les voyageurs. En Belgique, où la taxe reste modérée comparée à d’autres pays européens, le débat porte surtout sur son niveau et son impact sectoriel.

Mais il ne s’agit pas seulement d’une question de fiscalité. C’est aussi une question de souveraineté économique. Les pays qui augmentent trop leur taxe passager risquent de voir les compagnies aériennes réduire leur présence, voire quitter leur territoire. Cela peut entraîner une perte de connectivité, une réduction des emplois dans le secteur aérien et une baisse de l’attractivité touristique. À l’inverse, les pays qui maintiennent une fiscalité raisonnable pourraient attirer de nouvelles compagnies et renforcer leur position de hub.

Pour l’instant, la Belgique n’a pas cédé aux pressions. Mais la menace de TUI montre que le jeu en vaut la chandelle. Si la taxe passager passe à 7 euros, il faudra surveiller de près les réactions des compagnies aériennes et les conséquences pour les voyageurs. Car dans un secteur déjà fragilisé par la hausse des coûts et la baisse de la demande, chaque euro compte.

En attendant, les voyageurs belges et européens doivent se préparer à un paysage aérien en mutation. Que ce soit par une réduction de l’offre, une augmentation des prix ou une redistribution des routes, la hausse de la taxe passager belge pourrait bien changer la donne pour vos prochains voyages.

Pour suivre l’évolution de cette actualité et découvrir comment organiser vos déplacements sans stress, consultez régulièrement les mises à jour de Flywest.

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