El Al réalise un bénéfice record de 132 millions de dollars grâce à la guerre au Moyen-Orient : comment profiter de cette situation pour vos prochains vols vers Israël

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient transforment radicalement la donne pour les voyageurs souhaitant se rendre en Israël. Au deuxième trimestre 2026, El Al a enregistré un bénéfice net record de 132 millions de dollars, soit le double de celui enregistré un an plus tôt, principalement grâce à la réduction drastique de la concurrence étrangère sur ses vols vers Tel Aviv-Ben Gourion. Une situation qui, si elle peut sembler paradoxale, offre des opportunités concrètes pour les passagers en quête de vols vers la Terre sainte.
Entre avril et juin 2026, le chiffre d’affaires de la compagnie israélienne a progressé de 27% pour atteindre 986 millions de dollars, malgré une hausse des coûts de carburant et l’appréciation du shekel. Une performance remarquable qui s’explique par une demande explosive, soutenue par des réservations à terme atteignant 1,4 milliard de dollars au 30 juin – un niveau trois fois supérieur à celui enregistré trois ans plus tôt. El Al a ainsi pu augmenter ses capacités de 6% à 10% pour la saison estivale, entre juillet et septembre, offrant des sièges supplémentaires à des tarifs que le marché commence à juger élevés.
La guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran a poussé de nombreuses compagnies aériennes étrangères à suspendre ou réduire leurs vols vers Israël. Résultat : El Al, seule grande compagnie à maintenir une offre significative sur des axes clés comme Tel Aviv-New York, a vu sa part de marché bondir de 24% en 2023 à 50% au deuxième trimestre 2026. Une position dominante qui, selon les analystes, pourrait se maintenir tant que les tensions persisteront. Pour les voyageurs, cela se traduit par des billets en moyenne 10 à 15% plus chers en classe économique, avec des prix qui s’envolent dès qu’une place se libère.
Des tarifs élevés, mais des options limitées pour éviter le surcoût
Face à cette situation, les passagers ont peu d’alternatives viables. Les grandes compagnies européennes comme Air France ou Lufthansa ont repris des liaisons vers Tel Aviv, mais à des fréquences encore insuffisantes pour rétablir une concurrence significative. Les low cost d’Europe de l’Est et les compagnies du Golfe tentent timidement de revenir, mais leur offre reste marginale. Résultat : les voyageurs israéliens ou en transit vers le pays se retrouvent souvent contraints de payer des tarifs premium, même pour des trajets classiques.
Le marché intérieur israélien, particulièrement dynamique, ne fait qu’accentuer cette pression. Les réservations à terme à 1,4 milliard de dollars témoignent d’une demande constante, y compris pour les vols domestiques. Les compagnies comme Israir ou Arkia, bien que présentes, ne suffisent pas à absorber l’ensemble de la demande, laissant El Al en position de force sur la plupart des routes.
Pour les voyageurs européens ou américains envisageant un séjour en Israël, la stratégie la plus sûre reste de réserver le plus tôt possible. Les tarifs flexibles, bien que rares, permettent parfois d’éviter les hausses de dernière minute. Certains spécialistes du voyage notent que les clients israéliens, prêts à payer « n’importe quel prix » pour obtenir une place, poussent les tarifs à des niveaux records, surtout sur les axes les plus demandés comme l’Europe ou l’Amérique du Nord.
Une position dominante qui interroge les autorités
Cette situation de quasi-monopole de fait n’est pas passée inaperçue. L’Autorité israélienne de la concurrence a déjà évoqué la possibilité d’une amende pouvant atteindre 35 millions d’euros contre El Al, estimant que la compagnie aurait pu abuser de sa position dominante en pratiquant des tarifs « excessifs et abusifs » pendant la guerre. La procédure est encore en cours, et El Al a d’ores et déjà fait valoir ses arguments, soulignant qu’elle maintient ses opérations dans un contexte de guerre où de nombreux concurrents ont préféré se retirer pour des raisons de sécurité.
Pour les voyageurs, ce bras de fer réglementaire pourrait à terme faire baisser les prix, une fois la crise atténuée et le retour des compagnies étrangères acté. En attendant, les passagers doivent composer avec un marché où la rareté des sièges prime sur les tarifs compétitifs. Les réservations pour les mois à venir restent ouvertes, mais les prix risquent de continuer leur ascension tant que la demande restera aussi forte et l’offre aussi limitée.
Que faire pour limiter l’impact sur votre budget voyage ?
Face à cette réalité, plusieurs stratégies peuvent être envisagées pour optimiser le coût d’un vol vers Israël. La première consiste à réserver en avance, idéalement plusieurs mois avant le départ, pour bénéficier des tarifs les plus avantageux disponibles. Les billets flexibles, bien que plus chers à l’achat, permettent parfois d’échapper aux hausses de dernière minute imposées par la rareté des places.
Une autre piste consiste à surveiller les annulations ou les créneaux secondaires. Les vols en début de matinée ou en milieu de semaine sont souvent moins demandés et donc moins chers. Les aéroports alternatifs, comme Tel Aviv-Sdé Dov pour les vols domestiques, peuvent aussi offrir des tarifs plus attractifs, bien que cette solution soit moins pratique pour les voyageurs internationaux.
Enfin, pour les voyageurs les plus flexibles, il peut être judicieux de surveiller les annonces de reprise des compagnies étrangères. Le retour de Delta Air Lines, United Airlines ou American Airlines sur Tel Aviv-New York, par exemple, pourrait faire baisser les prix sur cet axe en offrant des alternatives crédibles à El Al. En attendant, les passagers devront composer avec un marché où la loi de l’offre et de la demande joue à plein, au détriment de leur portefeuille.
El Al : une compagnie en pleine expansion malgré les tensions
La performance financière d’El Al ne se limite pas à la hausse des tarifs. La compagnie a également profité d’une forte demande pour ses vols long-courriers, notamment vers les États-Unis et l’Europe. Avec des réservations à terme à des niveaux historiques, El Al confirme sa position de leader sur le marché israélien, malgré un contexte géopolitique particulièrement tendu. Son directeur général, Levy Halevy, a d’ailleurs souligné que la compagnie avait « clôturé le deuxième trimestre sur de solides résultats, bien que nous n’ayons opéré à pleine capacité que pendant deux mois ».
Cette résilience financière pourrait lui permettre d’investir dans l’expansion de sa flotte ou dans de nouvelles routes, une fois la crise actuelle passée. En attendant, les voyageurs devront s’adapter à un marché où la concurrence est quasi inexistante, et où les tarifs reflètent cette réalité.
Pour ceux qui prévoient un voyage en Israël dans les mois à venir, la prudence s’impose : surveillez les annonces des compagnies étrangères, réservez tôt, et soyez prêt à payer un premium pour obtenir une place. Le retour à une concurrence saine sur cet axe pourrait prendre des mois, voire des années, laissant El Al en position de force dans un marché aérien israélien en pleine mutation.
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